RapportMigration · Méditerranée

Repenser la mobilité entre le Mali et l'Europe

Un cadre pour organiser la mobilité, réduire les coûts humains et générer des avantages partagés pour les pays d’origine, de transit et de destination.
14 novembre 2025IEAM TEAM12 minutes de lecture
Regulated mobility routes between Bamako, Dakar, and Madrid.

RÉSUMÉ EXÉCUTIF

L’objectif de ce document d’orientation est de proposer un cadre d’actions concrètes en faveur de la mobilité légale et circulaire, de la réinsertion des personnes de retour et de la gouvernance régionale des itinéraires migratoires entre le Mali, sa sous-région et l’Europe. Ce document s’inscrit dans une série de travaux de l’Institut espagnol d’analyse des migrations (IEAM) et est le fruit d’un atelier d’intelligence collective organisé à Bamako avec des acteurs institutionnels, des universitaires, des chercheurs spécialistes des migrations, des associations, des techniciens et des économistes, visant à identifier des priorités communes et à proposer des mécanismes opérationnels.
Pour l’Espagne et, plus généralement, pour l’Europe, les dynamiques récentes sur la route de l’Atlantique — où les Maliens figurent parmi les nationalités les plus représentées sur le trajet vers les îles Canaries — imposent de dépasser la gestion de l’urgence pour bâtir des solutions structurelles.

MESSAGES STRATÉGIQUES

L’engagement collectif et une approche multipartite sont essentiels : les États, les collectivités locales, la diaspora et les partenaires internationaux doivent élaborer conjointement les mécanismes, mutualiser les financements et définir des indicateurs communs.
La réussite de la réinsertion repose sur l’ancrage territorial, l’inclusion économique et le suivi de proximité, en privilégiant les démarches collectives et le financement mixte.
La mobilité légale et circulaire doit être considérée comme une priorité stratégique, s’appuyant sur des accords multilatéraux bien structurés ainsi que sur des procédures claires et flexibles.
La consolidation des mécanismes régionaux (CEDEAO, UA, AES, bilatéraux) est indispensable et doit être plus pragmatique, garantissant une meilleure protection aux personnes dont le statut migratoire évolue.
La coordination interétatique et la gestion locale des flux doivent évoluer vers des comités et des indicateurs communs, ancrés dans la réalité du terrain.
La protection des femmes et des enfants doit devenir un axe transversal majeur, doté de mécanismes adaptés et étayé par la collecte d’indicateurs qualitatifs (sécurité, santé, accès aux droits). Les bailleurs de fonds et les diplomates sont invités à accorder la priorité à cet aspect afin de combler les lacunes actuelles en matière de réponses opérationnelles.
Durabilité et mutualisation des financements : Il est urgent d’intégrer les ressources locales, les investissements de la diaspora et une approche de cofinancement initial afin de s’affranchir du modèle fondé sur la dépendance aux bailleurs de fonds et d’assurer la pérennité.
Le suivi, la transparence et l’adaptation continue sont essentiels à la réussite : chaque action et chaque programme doivent faire l’objet d’un suivi, d’une documentation et d’une évaluation afin d’être corrigés, étendus ou interrompus en fonction des résultats mesurés.
Basé sur le document d’orientation « Repenser la mobilité entre le Mali et l’Europe », préparé par Beatriz de León Cobo et le professeur Bréma Ely Dicko.
« La mobilité est inévitable ; la différence réside dans le choix entre la gérer selon des règles claires ou en assumer les coûts liés à l’irrégularité. »
Auteur

IEAM Team

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