Forum de dialogue méditerranéen 2025

Un débat en trois volets sur la migration informelle entre Madrid et Bruxelles.

Le Forum sur le dialogue en Méditerranée 2024 s’est tenu sur deux jours, entre Madrid et Bruxelles, réunissant décideurs politiques, chercheurs et représentants de la société civile pour analyser l’évolution du paysage de la migration informelle en Méditerranée. Grâce à des sessions organisées au Parlement européen, tant en Espagne qu’en Belgique, le Forum a offert un espace d’échange inédit, transcendant les clivages entre groupes politiques et reliant les deux rives du bassin méditerranéen.

Session de Madrid

Le forum s’est ouvert au bureau du Parlement européen à Madrid par des allocutions soulignant l’urgence d’aborder la migration informelle comme un défi structurel à long terme, plutôt que comme une crise conjoncturelle.

Une intervention liminaire du Dr Amparo González Ferrer, chercheuse principale au Conseil supérieur de la recherche scientifique espagnol (CSIC), a donné le ton de l’analyse en exposant les tendances démographiques, les besoins du marché du travail et les réseaux informels qui façonnent la mobilité dans la région.

Perspectives de l’Europe du Sud

La première table ronde a examiné les expériences de l’Espagne, de l’Italie et du Portugal en matière de gestion des entrées irrégulières, de pression sur les services publics et de fragmentation de la gouvernance de l’UE. Parmi les intervenants figuraient Irune Ariño, Karina Kozhakhmet et Gonçalo Torres, sous la modération de Mark Vargha, du Migration Research Institute basé à Budapest.

Réalités en Afrique du Nord et au Levant

La deuxième table ronde s’est penchée sur les perspectives des pays d’origine et de transit, avec la participation de :

  • Loubna El Hassouni (Maroc)
  • Dr Mohamed Wounouki (Algérie)
  • Malak Darwish (Liban)

Animée par Tasnim Idriss, la discussion a mis en lumière les pressions économiques, les itinéraires de trafic de migrants, les défis de gouvernance et les outils politiques limités dont disposent les voisins méridionaux de l’UE.

Coopération, développement et gouvernance migratoire

Une dernière session à Madrid a rassemblé des praticiens des secteurs du développement et de l’humanitaire pour évaluer les liens entre les instruments de coopération et les résultats en matière de migration. La session s’est achevée sur des réflexions concernant la nécessité de cadres communs à long terme entre l’Europe et l’Afrique.

Session de Bruxelles

Session du matin – Animée par le député européen López Aguilar (Groupe S&D)

Le programme à Bruxelles a débuté le matin par une allocution d’ouverture du député européen Juan Fernando López Aguilar, l’une des voix les plus influentes du Parlement en matière de justice et d’affaires intérieures. Il a souligné la nécessité d’une action coordonnée de l’UE, conciliant obligations humanitaires et gestion des frontières.

Le panel a réuni les principaux experts du Forum sur la région méditerranéenne : Loubna El Hassouni (Maroc), le Dr Mohamed Wounouki (Algérie), Malak Darwish (Liban), Gonçalo Torres (Portugal) et Karina Kozhakhmet (Italie). Leurs interventions ont offert une perspective trans-méditerranéenne sur la migration informelle, abordant les évolutions démographiques, les dynamiques sécuritaires et les pressions politiques ressenties sur les deux rives. La députée européenne Cecilia Strada a prononcé le discours de clôture, avertissant que la migration irrégulière ne peut être traitée uniquement sous l’angle de la sécurité et appelant à un engagement accru de l’UE dans les régions voisines.

Session de l’après-midi – Animée par le député européen Nicola Procaccini (Groupe ECR)

Dans l’après-midi, les débats se sont orientés vers une perspective axée sur la sécurité, sous le patronage du député européen Nicola Procaccini, coprésident du groupe ECR. M. Procaccini a insisté sur l’importance de rétablir les capacités de contrôle aux frontières européennes, de lutter contre les réseaux de passeurs et de développer des outils politiques fondés sur la souveraineté.

Les mêmes intervenants du « Dialogue méditerranéen » — El Hassouni, Wounouki, Darwish, Torres et Kozhakhmet — ont présenté des analyses actualisées, adaptées à un public parlementaire davantage axé sur les questions de sécurité. Les discussions ont porté sur la géopolitique des itinéraires de transit, la montée en puissance d’intermédiaires criminels et les vulnérabilités des États européens comme nord-africains.

Dîner de constitution de coalition – Organisé par la New Direction Foundation

La journée s’est achevée par un dîner visant à bâtir des coalitions, organisé par la Fondation New Direction et réunissant parlementaires, experts et représentants d’organisations partenaires. Ce dîner a offert un cadre confidentiel pour des échanges stratégiques sur la coopération à long terme entre partenaires européens et méditerranéens, abordant notamment les initiatives de recherche conjointes, la coordination parlementaire et les prochaines éditions du Forum du dialogue méditerranéen.

Un dialogue transpartisan et transatlantique

Le Forum de dialogue méditerranéen 2024 a réussi à réunir deux groupes politiques majeurs du Parlement européen — le S&D et l’ECR — ainsi que des experts du Maroc, de l’Algérie, du Liban, du Portugal et de l’Italie. La participation active des députés européens López Aguilar, Cecilia Strada et Nicola Procaccini a conféré au Forum un poids institutionnel considérable.

Malgré les divergences idéologiques, un message commun a émergé : la Méditerranée nécessite une coopération soutenue, une réflexion à long terme et une compréhension plus intégrée des facteurs à l’origine des migrations informelles.

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