Atelier d'intelligence collective à Rome

Gouvernance de la mobilité : approches italienne, espagnole et européenne.

Aperçu de l'atelier

L’Institut espagnol d’analyse des migrations (IEAM), en collaboration avec AMIStaDeS, a organisé un atelier d’intelligence collective le vendredi 6 février. Cet événement a permis de comparer les approches italienne et espagnole dans le cadre plus large de l’UE, d’examiner la perception et le vécu de ces politiques par les partenaires africains et les praticiens, et d’identifier des pistes pour rendre la coopération plus réaliste, opérationnelle et cohérente tant avec les impératifs de protection qu’avec les objectifs politiques globaux.

La réunion s’est tenue à huis clos à l’Università Niccolò Cusano, de 9 h 30 à 16 h 30, rassemblant une quarantaine de participants sous la règle de Chatham House ; ce cadre garantissait la confidentialité des interventions afin de favoriser des échanges ouverts et francs.

Participants

L’atelier a rassemblé un éventail diversifié d’acteurs, notamment des agences des Nations Unies (ONUDC, HCR), des autorités régionales (Îles Canaries), le Hub Sud de l’OTAN, des institutions européennes (SEAE, RSUE), des ministères nationaux (Italie, Espagne, France), des organisations humanitaires (MSF), des organisations confessionnelles et de la société civile (Sant’Egidio), des groupes de réflexion, des instituts de recherche ainsi que des experts africains.

Cette diversité a permis d’aborder les questions de mobilité euro-africaine sous des angles transversaux — institutionnels, opérationnels et analytiques.

Objectifs de l'atelier

Cet atelier d’intelligence collective visait à établir une compréhension commune de la manière dont l’Italie, l’Espagne, l’UE et leurs partenaires africains définissent et mettent en œuvre la gouvernance de la mobilité. Il cherchait également à renforcer l’analyse conjointe des dynamiques en cours le long des routes de la Méditerranée centrale, de la Méditerranée occidentale et de l’Atlantique.

Par ailleurs, l’atelier a examiné les cadres de coopération avec les États africains en évaluant leurs effets concrets, et a offert un espace de discussion sur les économies de transit, la criminalité organisée et les réponses à la lutte contre le trafic de migrants, en accordant une attention particulière aux conséquences imprévues et aux alternatives axées sur la réduction des risques.

Enfin, il visait à identifier des options de suivi concrètes et des pistes opérationnelles pour renforcer la coopération entre l’Italie, l’Espagne, l’UE et les partenaires africains.

Thèmes abordés

L’atelier s’est articulé autour de plusieurs sessions clés :

Session d’ouverture – Italie, Espagne, UE et Afrique : vers une vision commune de la mobilité ?

Cette session a permis d’harmoniser les points de vue sur la gouvernance de la mobilité et d’identifier les domaines où les approches de l’UE et de l’Afrique convergent ou divergent.

Session de travail 1 – Évolution des itinéraires : Méditerranée centrale, Méditerranée occidentale et Atlantique

Cette session a analysé les changements dans les flux et les itinéraires migratoires, le rôle des pays de transit, ainsi que la manière dont les mesures européennes et nationales influencent la dynamique des itinéraires et les résultats en matière de protection.

Session de travail 2 – Partenariats avec les États africains : « paquets » sécurité, développement et mobilité

Cette session a examiné la conception et la mise en œuvre des cadres de coopération, évalué leurs effets concrets et exploré la perception qu’ont les partenaires africains de leur légitimité et de leur durabilité.

Session de travail 3 – Économies de transit, criminalité organisée et lutte contre le trafic de migrants

Cette session a étudié les logiques sous-tendant les réseaux de facilitation et les économies de transit, et a exploré les moyens d’affaiblir les réseaux criminels sans accroître les risques pour les migrants ni nuire aux communautés locales.

Remarques de clôture

Cette session a permis de consolider les principaux enseignements, de les traduire en recommandations opérationnelles et d’identifier des pistes pour la suite des travaux.

Résultats

S’appuyant sur les échanges de l’atelier, l’IEAM publiera dans les mois à venir une série de notes d’orientation résumant les principales conclusions et formulant des recommandations pratiques.

L’atelier a également renforcé le réseau d’acteurs — Italie, Espagne, UE et Afrique — impliqués dans les questions de migration et de mobilité, et a permis d’identifier une série d’initiatives de suivi en adéquation avec les intérêts des parties prenantes et les contraintes institutionnelles.