Politiques régionales, personnes déplacées et migrants

Atelier d’intelligence collective (Sénégal-Mali-Mauritanie ↔ Europe).

Le 23 septembre, la ville de Dakar (Sénégal) a accueilli l’atelier d’intelligence collective intitulé « Politiques régionales, personnes déplacées et migrants (Sénégal-Mali-Mauritanie ↔ Europe) ». Cette réunion à huis clos, d’une durée de deux heures, a rassemblé un groupe restreint d’acteurs stratégiques — chercheurs, représentants institutionnels, agences internationales, organisations de la société civile, groupes humanitaires et membres de la diaspora — afin de créer un espace de réflexion et de co-construction.

L’initiative visait à établir un diagnostic actualisé des dynamiques de mobilité le long de l’axe Sénégal-Mali-Mauritanie–Europe, à identifier les principaux facteurs de risque et à formuler des recommandations opérationnelles à l’intention des organisations non gouvernementales, des instances internationales, des autorités locales et nationales, ainsi que des partenaires européens les plus directement impliqués, notamment l’Union européenne et l’Espagne.

Contexte

Ces dernières années, la route atlantique d’Afrique de l’Ouest a retrouvé une place centrale dans les flux migratoires vers l’Union européenne, marquée par une augmentation soutenue des arrivées aux îles Canaries depuis 2023-2024 et une diversification accrue des profils migratoires — incluant jeunes, femmes, enfants et nouveaux pays d’origine. Les côtes du Sénégal et de la Mauritanie concentrent actuellement une part importante des départs, tandis que les ressortissants maliens constituent l’un des groupes les plus représentés.

Ces dynamiques sont façonnées par des mutations régionales liées aux recompositions sécuritaires au Sahel, à la restructuration des cadres d’intégration et aux accords opérationnels bilatéraux. Ces facteurs influent directement sur la liberté de circulation intrarégionale, les économies locales et la dynamique des réseaux de trafic.

Contenu et résultats

L’atelier a abordé des aspects prioritaires tels que la situation des personnes déplacées à l’intérieur de leur pays et des réfugiés, les effets de la restructuration régionale sur la mobilité et la protection, les pratiques de coopération entre États, ainsi que les éléments favorisant une mobilité ordonnée et sûre.

Il en a résulté un document d’orientation regroupant des conclusions et des propositions concrètes, différenciées selon le type d’acteur : autorités nationales et locales, organisations internationales, ONG, Union européenne, Espagne, secteur privé, diasporas et communautés locales.

La réunion s’est tenue selon la règle de Chatham House, garantissant un cadre d’échange sûr et constructif qui a permis de progresser sur des recommandations communes.