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75 pays exclus de l'immigration légale permanente aux États-Unis

L’annonce par l’administration Trump d’une suspension envisagée de la délivrance de visas de résidence permanente pourrait modifier considérablement la physionomie de l’immigration légale permanente.
26 février 2026IEAM TEAMTemps de lecture : 6 minutes
Impact of the administrative pause on immigrant visas (FY 2024).
L’annonce par l’administration Trump d’un projet de suspension de la délivrance de visas de résidence permanente aux candidats à l’immigration originaires de 75 pays pourrait modifier considérablement la dynamique de l’immigration légale permanente vers les États-Unis. En suspendant temporairement le traitement des visas d’immigrant pour un grand nombre de pays, cette mesure est susceptible d’affecter une part importante des demandeurs aspirant à obtenir le statut de résident permanent légal. La présente analyse, réalisée par l’Institut espagnol d’analyse des migrations (IEAM), examine l’ampleur de ces impacts potentiels en s’appuyant sur les données relatives aux visas d’immigrant publiées par le département d’État américain pour l’exercice fiscal 2024.

Part des visas d'immigrant américains touchés par la suspension (exercice 2024)

Au cours de l’exercice 2024, les États-Unis ont délivré un total de 612 258 visas d’immigrant (visas de résidence permanente permettant aux ressortissants étrangers d’entrer dans le pays et d’obtenir une carte de résident permanent, ou « carte verte »). Parmi ceux-ci, 280 015 visas – soit près de 46 % de l’ensemble des visas permanents délivrés cette année-là – ont été accordés à des ressortissants des 75 pays désormais soumis à la suspension administrative. Par ailleurs, 287 950 visas ont été délivrés à des ressortissants de pays touchés à la fois par cette suspension et par les interdictions ou restrictions de voyage prévues pour 2025. Ces chiffres mettent en évidence la proportion de visas d’immigrant concernés par la suspension et les restrictions connexes, illustrant ainsi l’impact considérable de ces mesures sur les demandeurs.

Pays les plus touchés

Les pays les plus touchés par cette suspension administrative sont l’Afghanistan, Cuba, le Pakistan, la Jamaïque, le Bangladesh et la Colombie. Cette mesure viserait à donner à l’administration le temps d’élaborer de nouvelles méthodes d’examen pour les personnes susceptibles de devenir une « charge pour la collectivité ». Toutefois, au cours de l’exercice 2024, seules 1 008 personnes de toutes nationalités confondues — et non uniquement celles originaires des 75 pays concernés — se sont vu refuser un visa d’immigrant pour ce motif, ce qui donne à penser que cette mesure constitue une réponse politique de grande envergure à un problème limité.

Visas d'immigrant délivrés aux ressortissants des pays d'Afrique de l'Ouest et du Sahel (exercice 2024)

Au cours de l’exercice 2024, des visas d’immigrant ont été délivrés à des ressortissants de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel. Le Sénégal a obtenu 1 119 visas et la Gambie 792 ; ces deux pays étaient concernés à la fois par la suspension visant 75 pays et par des interdictions ou restrictions de voyage. En revanche, le Mali a reçu 275 visas, le Niger 155 et la Mauritanie 128, ces pays étant uniquement soumis à des interdictions ou restrictions de voyage. Ces chiffres illustrent l’impact inégal de la suspension administrative et des restrictions connexes à travers la région.

Contexte plus large

La liste des 75 pays établie par le département d’État n’affecte pas les personnes entrant aux États-Unis avec un visa de tourisme, de travail temporaire ou d’études. Elle ne s’applique pas non plus aux personnes déjà présentes sur le territoire qui ont demandé — ou demanderont — une carte de résident permanent (« carte verte »). De nombreux immigrants renoncent aux aides auxquelles ils ont droit par crainte des démarches administratives ou par peur que leur recours à ces prestations n’ait une incidence négative sur une future demande d’immigration. Par ailleurs, les études montrent systématiquement que les immigrants ont moins recours aux aides publiques que les Américains de naissance, en partie parce que de nombreuses personnes n’ayant pas la citoyenneté américaine ne sont pas éligibles à l’aide fédérale. Cette approche occulte les contributions plus larges des immigrants en matière de capital humain, de création d’emplois et d’entrepreneuriat.
Auteure

IEAM Team

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