Événement de lancement de l'IEAM – La question migratoire entre l'Afrique et l'Europe : enjeux stratégiques et réponses partagées

L’Institut espagnol d’analyse des migrations présente ses premiers travaux à Madrid et appelle à un débat plus rigoureux, stratégique et à long terme sur la question migratoire.

L’Institut espagnol d’analyse des migrations (IEAM) présente ses premiers travaux à Madrid et appelle à un débat plus rigoureux, stratégique et à long terme sur les migrations.

L’événement de lancement de l’IEAM, organisé au bureau du Parlement européen à Madrid, a réuni des représentants institutionnels, des experts, des organisations internationales ainsi que des partenaires africains et européens pour analyser les principaux défis migratoires entre l’Afrique et l’Europe.

Madrid, le 16 avril 2026. L’Institut espagnol d’analyse des migrations (IEAM) a tenu son événement de lancement officiel ce mercredi au bureau du Parlement européen à Madrid. Cette rencontre a permis de présenter les premiers résultats de ses recherches, de partager sa méthodologie de travail et d’ouvrir un espace de réflexion plurielle sur l’un des enjeux structurels majeurs de notre époque : les migrations.

Dirigé par Beatriz de León Cobo, l’IEAM a débuté ses activités en septembre 2025 avec pour objectif de fournir des analyses rigoureuses, de proposer des politiques innovantes et de créer des espaces de dialogue afin d’anticiper et de gérer les migrations africaines de manière durable, humaine et mutuellement bénéfique.

L’événement a mis en lumière des travaux déjà bien avancés. En seulement six mois, l’Institut a produit des rapports techniques, des notes d’orientation, des infographies et a mené des activités de dialogue stratégique à travers l’Europe et l’Afrique, notamment des ateliers à Bamako, Dakar et Rome. Sa méthodologie allie dialogue stratégique, recherche et influence auprès du public, réunissant gouvernements, chercheurs, société civile, diasporas et secteur privé afin de produire des analyses appliquées et des recommandations pratiques pour la prise de décision.

La directrice exécutive de l’Institut, Beatriz de León Cobo, a rappelé que l’IEAM a été lancé il y a six mois dans un contexte mondial marqué par la rapidité des flux d’information, la polarisation des débats et la difficulté d’élaborer des politiques migratoires efficaces, humaines et durables. Elle a souligné l’objectif de l’Institut : créer des espaces où des points de vue divers — voire divergents — peuvent s’exprimer afin d’améliorer les politiques publiques. Elle a également désigné l’Afrique de l’Ouest et le Sahel comme des régions prioritaires pour cette phase initiale, en raison de leur importance géopolitique et de la nécessité d’intégrer les perspectives africaines au débat européen.

L’événement s’est ouvert sur une intervention du député européen Javier Zarzalejos, qui a prôné une approche globale de la migration et mis en garde contre toute confusion entre les questions d’intégration et les défis propres à l’immigration. Il a appelé à une réponse conjuguant gestion efficace, coopération, intégration et respect des valeurs démocratiques. Selon lui, l’Europe se trouve à un « tournant » de sa stratégie migratoire, avec le nouveau Pacte sur la migration et l’asile comme cadre de référence, tout en insistant sur la nécessité de préserver les droits et la dignité humaine.

La seconde table ronde, intitulée « Migration entre l’Afrique et l’Europe : défis stratégiques et réponses communes », a réuni Ana Hernández Rodríguez, conseillère ministérielle ; Francisco de Borja Morate Martín, directeur général adjoint pour l’Afrique de l’Ouest ; Agustín Mussini, représentant de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en Espagne ; et Javier Albaladejo, ancien commissaire principal de la Police nationale espagnole.

Concernant le processus de régularisation exceptionnelle, Mme Hernández Rodríguez a souligné qu’il s’adresse aux personnes déjà présentes en Espagne et non aux nouveaux arrivants : « Il ne s’agit pas de distribuer de l’argent, mais d’offrir la possibilité d’être des individus dotés de droits et d’obligations ». Elle a également noté que le débat a été fortement influencé par la diffusion de versions erronées du texte et par une vague de désinformation ayant dénaturé le sens de la mesure.

Au nom du ministère des Affaires étrangères, M. Borja Morate Martín a souligné que la Stratégie Espagne-Afrique 2025-2028 reflète l’importance croissante que l’Espagne accorde à sa politique africaine et, en particulier, à l’Afrique de l’Ouest en tant que région prioritaire. Il a également mis en avant le Sénégal comme l’un des partenaires stratégiques les plus pertinents pour l’Espagne en Afrique de l’Ouest et a souligné le récent rehaussement des relations bilatérales au rang de partenariat stratégique.

Représentant l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), M. Agustín Mussini a rappelé que, dans un pays comme l’Espagne, la migration n’est « ni marginale ni exceptionnelle », mais constitue une dimension structurelle de la vie sociale, politique, économique, professionnelle et démographique. Il a ajouté qu’une politique migratoire mature « ne se contente pas de gérer les entrées ; elle organise les parcours, réduit les vulnérabilités et multiplie les opportunités ».

La perspective sécuritaire a été présentée par M. Javier Albaladejo, qui a insisté sur le fait que la lutte contre les réseaux de criminalité organisée impliqués dans le trafic d’êtres humains demeure une priorité constante de l’agenda européen. Il a souligné que la clé réside souvent dans le ciblage efficace des structures financières et organisationnelles qui sous-tendent ces réseaux.

L’Institut espagnol d’analyse des migrations (IEAM), en collaboration avec AMIStaDeS, a organisé un atelier d’intelligence collective le vendredi 6 février. Cet événement a permis de comparer les approches italienne et espagnole dans le cadre plus large de l’UE, d’examiner la perception et le vécu de ces politiques par les partenaires africains et les praticiens, et d’identifier des pistes pour rendre la coopération plus réaliste, opérationnelle et cohérente tant avec les impératifs de protection qu’avec les objectifs politiques globaux.

La réunion s’est tenue à huis clos à l’Università Niccolò Cusano, de 9 h 30 à 16 h 30, rassemblant une quarantaine de participants sous la règle de Chatham House ; ce cadre garantissait la confidentialité des interventions afin de favoriser des échanges ouverts et francs.

Pour conclure, Beatriz de León Cobo a résumé l’événement en trois idées clés. Premièrement, la migration est une question extraordinairement complexe, technique et transversale, qui doit être abordée avec respect et une réelle ambition analytique. Deuxièmement, le débat migratoire ne saurait être réduit à une dimension unique ; il doit intégrer des aspects tels que la sécurité, la démographie, l’emploi, la cohésion sociale, la politique étrangère et les connaissances issues du terrain. Troisièmement, des réponses véritablement efficaces exigent du temps, de la prévisibilité et une vision stratégique, car il est impossible de résoudre, au cours d’un seul mandat législatif, des problèmes et des dynamiques qui se sont constitués sur plusieurs décennies. Avec ce lancement, l’Institut espagnol d’analyse des migrations (IEAM) consolide une phase initiale particulièrement active et s’affirme comme un nouvel espace de référence pour l’analyse des migrations en Espagne. Son approche repose sur la création de passerelles entre la recherche, les institutions, les réalités du terrain et la société civile, ainsi que sur la volonté de contribuer à un débat public plus honnête, mieux informé et plus utile concernant l’un des enjeux qui façonneront le plus l’avenir de l’Europe et de l’Afrique.

Programme de l’événement

18 h 30 – 18 h 45 | Présentation institutionnelle de l’IEAM
Allocutions de bienvenue et présentation institutionnelle de l’Institut espagnol d’analyse des migrations (IEAM).
Beatriz de León Cobo, directrice exécutive de l’IEAM.
Javier Zarzalejos, député européen.

18 h 45 – 19 h 30 | Présentation des travaux de l’Institut
Modératrice : Soraya Aybar, chercheuse associée à l’IEAM et directrice d’África Mundi, média spécialisé dans le continent africain et les relations Afrique-Europe.
• Migration et migrants. Comment étudier l’irrégularité dans les processus migratoires ? L’Espagne : une étude de cas
Valentina Benincasa, chercheuse associée à l’IEAM, enseignante au sein du master « Genre, migration et droits humains » (Université Complutense de Madrid) et docteure en anthropologie sociale, spécialisée dans l’humanitaire et les politiques frontalières.
• Repenser la mobilité entre le Mali et l’Europe : mobilité légale et circulaire, réinsertion fondée sur une approche communautaire et gouvernance régionale
• Réformer la gouvernance de la mobilité en Afrique de l’Ouest
Roméo Gbaguidi, chercheur associé à l’IEAM et président du groupe de réflexion (think tank) LemAfriQ, spécialisé dans les migrations entre l’Afrique et l’Europe ainsi que dans les diasporas africaines.
• Diplomatie migratoire UE-Afrique : de la gestion des flux à la cohérence stratégique
• Approche fondée sur les itinéraires : réduire les flux ou les vulnérabilités ? Vers une stratégie cohérente de protection et de lutte contre les économies criminelles
• Voies légales crédibles : entre promesse politique et capacité réelle – structuration de la mobilité circulaire, ancrage local et rôle des diasporas
Ángel Losada, diplomate espagnol, ambassadeur d’Espagne en Iran (2021-2024) et ancien représentant spécial de l’UE pour le Sahel (2015-2021).

19 h 30 – 20 h 20 | La question migratoire entre l’Afrique et l’Europe : défis stratégiques et réponses partagées
Modératrice : Beatriz de León Cobo, directrice exécutive de l’IEAM.
Francisco de Borja Morate Martín, sous-directeur général pour l’Afrique de l’Ouest, Direction générale pour l’Afrique, ministère des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération. Ana Hernández Rodríguez, conseillère au cabinet du ministère de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations de l’Espagne.
Agustín Mussini, chargé de liaison et des politiques au bureau de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en Espagne.
Javier Albaladejo, commissaire principal de la Police nationale (à la retraite).

20 h 20 – 20 h 30 | Conclusions et clôture

20 h 30 – 21 h 15 | Réception autour de vins espagnols

Ordre du jour

  • 18h30 – 18h45

    Présentation institutionnelle de l’IEAM
    Beatriz de León Cobo · Javier Zarzalejos
  • 18h45 – 19h30

    Présentation des travaux de l’Institut
    Soraya Aybar · Valentina Benincasa · Roméo Gbaguidi · Ángel Losada
  • 19h30 – 20h20

    La question migratoire entre l’Afrique et l’Europe : défis stratégiques et réponses communes
    Beatriz de León Cobo · Francisco de Borja Morate Martín · Ana Hernández Rodríguez · Agustín Mussini · Javier Albaladejo
  • 20h20 – 20 h 30

    Conclusion et mots de clôture
  • 20 h 30 – 21 h 15

    Réception autour de vins espagnols

Galerie de photos

Speakers

Beatriz de León Cobo

Executive Director of IEAM

Javier Zarzalejos

Member of the European Parliament

Valentina Benincasa

Associate researcher IEAM, UCM

Roméo Gbaguidi

Associate researcher IEAM, president of LemAfriQ

Soraya Aybar

Associate researcher IEAM, director of África Mundi

Ángel Losada

Diplomat, former Ambassador of Spain to Iran and former EU Special Representative for the Sahel

Francisco de Borja Morate Martín

Deputy Director-General for West Africa, Ministry of Foreign Affairs

Ana Hernández Rodríguez

Cabinet Advisor, Ministry of Inclusion, Social Security and Migration

Agustín Mussini

Policy and Liaison Officer at IOM Spain

Javier Albaladejo

Principal Commissioner of the National Police (r.)

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