L’IEAM (Institut espagnol d’analyse des migrations) présente une synthèse comparative des propositions en matière d’immigration figurant dans les programmes nationaux (2025) des principaux partis politiques espagnols. L’infographie met en évidence des différences marquées en termes de modèle, de priorités et d’approche réglementaire, susceptibles de façonner le débat migratoire dans les mois à venir.
Quatre approches, quatre logiques de politique migratoire
1) PSOE : ordre, voies légales et intégration aux réformes
Le programme socialiste s’articule autour d’une migration ordonnée, sûre et humanitaire, en mettant l’accent sur les droits humains et la coopération internationale. Il propose de renforcer le recrutement à la source, de faire avancer la réforme de la réglementation sur l’immigration (permis de travail, séjour pour formation) et de déployer un plan d’État pour l’intégration et la coexistence, doté de ressources destinées aux communautés autonomes et aux collectivités locales. Il prévoit également la fermeture progressive des centres d’internement pour étrangers (CIE), au profit de solutions d’accueil alternatives.
2) PP : contrôle, coordination institutionnelle et visas à points
Le Parti populaire propose une approche fondée sur la gouvernance et le contrôle, prévoyant la création d’une autorité unique chargée de coordonner la politique migratoire. Il fait de l’emploi la principale voie d’accès — en instaurant un système de visas à points fondé sur le mérite et l’intégration — et rejette les régularisations massives. Il renforce également le contrôle aux frontières (ressources, technologies et coopération européenne) et conditionne l’accès aux aides sociales à la résidence légale ainsi qu’aux « efforts » d’intégration.
3) Sumar : régularisation large et garanties des droits
Sumar propose un programme axé sur la régularisation et l’intégration, prévoyant une régularisation extraordinaire immédiate d’environ 500 000 personnes ainsi qu’une réforme globale du cadre juridique pour instaurer une procédure de régularisation permanente et simplifier les démarches. Le mouvement prône la fermeture des CIE (centres de rétention pour immigrés) et s’engage en faveur de mesures d’inclusion (incluant la dimension numérique et l’accessibilité administrative).
4) VOX : expulsions, restriction de l'aide et durcissement du système
VOX adopte une stratégie de dissuasion maximale : expulsion immédiate des personnes entrant de manière irrégulière et priorité à l’expulsion des résidents légaux commettant des crimes graves ou étant récidivistes. Le parti rejette toute régularisation, propose de supprimer les aides aux personnes en situation irrégulière ainsi que les subventions aux ONG liées (selon sa conception) au sauvetage ou à l’aide aux migrants. Il prévoit des mesures spécifiques concernant les mineurs étrangers non accompagnés et conditionne la coopération au développement à la collaboration en matière de retours et de contrôle des frontières.
Axe structurant le débat
Dans l’ensemble, cette comparaison nous permet d’identifier quatre axes qui distinguent les propositions :
À l’IEAM, nous continuerons à actualiser cette analyse comparative afin de contribuer à un débat public plus éclairé et plus utile à la prise de décision.
Le consensus politique est fracturé sur les modalités de mise en œuvre du Pacte.